Quelques phénomènes qui cessent ou l’humble vie de Gaétan Pierremont

Roman de Geneviève Roubaud : Quelques phénomènes qui cessent ou l’humble vie de Gaétan Pierremont

Un orage a soulevé mon cœur, trempant mes yeux au sang des jours oubliés que je n'avais même pas respectés. Elles m'ont demandé quelque chose, que je n'entendais pas, tous les gréements grinçaient de furie et de révolte, car je l'aurais fait, si j'y avais pensé, mais je n'y avais pas pensé. Ce sont des vagues, qui montent d'un océan passé, grondant sur les objets mal rangés qui nous font nous cogner et ça fait mal ; ce sont des vagues grondantes qui cogne au cœur du passé. Chante-le, ça ! C'est beau, comme une chanson qu'y aurait en d'dans ! Chante, toi ! Et sa voix, à la cadette, invente sur le champ un air pour mon poème de pleurs. T'as une voix d'ange, c'est beau, comment tu chantes ! Appelle-moi Angéla, murmura-t-elle, émue, en se jetant dans mes bras.

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