Incertitude asociale

Roman de Geneviève Roubaud : Incertitude asociale

… Il le tua… pour que l’épée ne serve plus à rien…
Et, je crois pouvoir dire que le bonhomme n’est plus conscient : car depuis le premier meurtre, il s’est fait d’autres meurtres, tirant un voile épais, comme une brume tout d’abord ; et puis lourd comme une colonne de fumée ; et finalement comme un rideau, lourde tenture accrochée à d’invisibles patères hautes, au temple, entre l’âtre ordinaire et le saint des saints, là où l’on assassine la figure trop réaliste d’une ébauche, que la foi voulait ériger ; et là où l’on chavire dans la démence de s’y attacher, pour en laper la sève, pour en sucer le fruit, pour en goûter le sel, pour en voler le feu.

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